Par M.M. 08/01/2024, inspiration : initiation à la théologie de St Thomas d’Aquin, R. Sineux O.P.
| Point de départ : Dieu : L’être infini et Un, suprême dans ces attributs. | |||
| A | 1 | La parfaite idée d’une chose est sa parfaite description. La parfaite description d’une chose est la chose elle-même. → Dieu est donc la parfaite idée de la divinité. | |
| 2 | Tout être intelligent se connaît, plus ou moins bien selon son degré d’intelligence. Dieu est l’être qui a une intelligence suprême. → Il doit donc se connaitre de manière suprême, entière, parfaite. | ||
| 1+2 | Dieu est donc la parfaite idée de la divinité qui se connait elle-même. | ||
| 3 | Plus un bien est bon/élevé plus il est désirable. Plus il est désirable, plus il est aimable. Ainsi Dieu, le bien infini, est le bien le plus désirable et aimable qui soit. | ||
| 4 | La parfaite contemplation de la divinité qui se réalise en Dieu (puisqu’il se connait) lui montre le bien infini qu’il ne peut pas ne pas aimer de tout son être. | ||
| 1 à 4 | Dieu est la parfaite idée de la divinité qui se connait et qui s’aime (lui-même). | ||
| 5 | L’amour c’est un don qui vise à ne faire qu’un entre l’être aimé et l’être aimant, C’est donc une réunion, fruit du don mutuel des personnes qui s’aiment. | ||
| 6 | L’amour de Dieu est donc la réunion complète entre la parfaite idée de la divinité et sa parfaite connaissance, qui se donnent mutuellement l’une à l’autre. | ||
| 1 à 6 | Dieu est la parfaite idée de la divinité qui se connait et s’aime en se reconnaissant. | ||
| Application des points précédents à l’être de Dieu | |||
| B | 1 | La parfaite idée de la divinité est la substance divine. Qui est l’Etre, l’Acte et l’Ordre pur, spirituel, indivisible, illimité et transcendant, non perfectible. | |
| 2 | Sa propre connaissance est le reflet parfait que cette substance a en elle-même. Elle est sa parfaite image. | ||
| 3 | Son amour divin réunit/reflète à la fois la parfaite idée de la divinité et sa propre connaissance, toujours dans la seule et unique substance divine. Elle est sa seconde et parfaite image. | ||
| Précisions et déductions à ajouter sur B | |||
| C | 1 | L’être de Dieu est simple, sans composition, aucune, de l’originale et de sa double image, n’est différente quant à la substance. Il y a donc un seul être. | |
| 2 | Ces deux relations, de connaissance et d’amour que Dieu a en lui, sont réelles, subsistantes : elles existent perpétuellement. | ||
| 3 | Il y a donc deux relations et quatre termes à ces deux relations, qui sont bien distincts, et ne se confondent pas, si ce n’est qu’elles forment trois images. | ||
| 4 | Chaque image parfaite est coégale et coéternelle avec l’originale. Elles sont donc incréées. | ||
| Objections | |||
| D | Obj1 | L’image parfaite de Dieu doit nécessairement répéter la même opération que l’originale, et ainsi se connaitre elle-même, donc générer sa propre image, qui à son tour se connait elle-même, génère sa propre image, et ainsi de suite. On aboutirait donc à une infinité de reflets en Dieu, qui seraient tous Dieu, ce qui parait monstrueux, voire impossible. | |
| Rép1 | De fait Dieu n’a besoin de se connaitre qu’une fois, en une fois il a tout. La répétition de cette opération ne peut être qu’une reconnaissance, et non plus une connaissance. Or cette reconnaissance, qui doit aussi exister dans l’originale, est forcément mutuelle. Elle renvoie cette image vers son originale et inversement. Elle engendre une commune et seconde image, celle de l’amour. | ||
| Obj2 | De même si l’amour Divin, son don mutuel et total, fruit de sa contemplation éternelle, génère une image supplémentaire en Dieu, pourquoi cette tierce image, avec les deux autres qu’elle affectionnerait, ne génèrerait pas une quatrième image, et ainsi de suite ? | ||
| Rép2 | De façon analogue à sa connaissance, Dieu ne s’aime qu’une seule fois. En une fois son amour divin embrase tout son être. Cet amour réunit les deux premières images, il consomme la vie divine, il n’a pas d’autres relations et images à ajouter. | ||
| Rem.1 Récap. final | La première relation (la connaissance) est une relation d’opposition (comme pour un miroir). Tandis que la seconde (l’amour) est une relation d’union (forcément avec les deux termes de la relation précédentes, au sein du dernier terme). | Conclusion : On peut dire qu’il y a une sorte d’équilibre parfait entre ces deux relations éternelles auxquelles rien ne manque. | |
| Rem.2 Dernière Remarque | Bien-sûr tout ceci non pas se passe, mais s’accomplit sans dépassement, se trouve de manière immanente, immédiate et perpétuelle, dans un être spirituel et non borné, qui ne connaît aucun changement : sa génération est éternelle. | ||
| Questions | |||
| E | Q.1 | Comment la substance divine fait-elle pour avoir cette double image parfaite ? | |
| No R.1 | La substance divine est impénétrable, hors de notre champ d’investigation. Ses opérations étant purement spirituelles. Nous avons utilisé le mot de « reflet » car Dieu étant la seule vérité éternelle, il peut d’une certaine manière être qualifié de « lumière suprême ». Mais sa nature propre, inaccessible à toutes créatures, nous échappe complétement. | ||
| Q.2 | Peut-on nommer chacune des trois images divines ? | ||
| R. 2 | Absolument. L’originale peut être dite principe des deux autres, et mère de la première. La seconde peut être dite fille de la première. Et la troisième comme venant, procédant des deux autres. Comme étant leur aspiration commune. | ||
| Q.3 | Peut-on aller encore plus loin dans l’identification des trois images divines ? | ||
| R.3 | Absolument, mais aidé par la foi chrétienne. Cette dernière affirmant, avec autorité comme nous le verrons, que chaque image divine est une personne. | ||
| Zoom avec l’aide de la foi chrétienne | |||
| F | Q.4 | Qu’est-ce qu’une personne ? | |
| R.4 | Une personne est une substance particulière et intègre, de nature raisonnable. | ||
| Q.5 | Y aurait-il différentes personnes en Dieu ? | ||
| R.5a | Il y a différence de personnes s’il y a une individualité incommunicable pour chacune des images, impliquant chacune de leur rationalité. | ||
| R.5b | Or chaque terme de chaque relation est incommunicable aux autres termes, relativement aux trois images, qui possèdent au regard de l’unité suprême, véritablement en propre et en codétenions la totalité de la substance divine. Rem : la raison humaine touche là quelque chose qui la dépasse, mais qui n’en demeure pas moins vraie enseigne la foi chrétienne. | ||
| R.5c | Ainsi chacun des termes réellement distincts se définissent par rapport aux trois images divines qui ont pour ainsi dire le dernier mot, et donc leur individualité particulière. Et chaque image est parfaitement intègre avec toute la substance divine, ayant ainsi sa propre rationalité. Chaque image est donc une personne, bien qu’elles soient parfaitement unies entre-elles. | ||
| Rem.3 | Ne peut-on pas dire plusieurs personnalités plutôt que personnes ? Non car une personnalité n’aurait qu’une partie de la substance et non pas toute. | ||
| Rem.4 | Comme il n’y a qu’une substance, indivise, le vouloir et l’intelligence ne diffèrent dans aucune des personnes, et les trois ne sont qu’un. | ||
| Conclu. | Il y a donc trois personnes en l’unique être Divin : Dieu, un et trine. | ||
| Une dénomination d’autorité | |||
| Livre de la Sagesse, Ezéchiel, Zacharie, Psaumes … | Dans l’ancien testament se trouvent/cachent des indications sur la Ste Trinité. A plusieurs reprises il est question de ce que Dieu appel « son Esprit ». De plus la Sagesse éternelle (le Fils) est décrite comme étant « le rayonnement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu (le Père), l’image de sa bonté » (S. 7 :26), et « il y a en elle un esprit intelligent et saint, etc. » (S. 7 :22). | ||
| G | Jésus | Dans la bible, Jésus nomme la première personne divine : c’est son Père (à de multiples reprises dont Jean 5 :18) avec qui il ne fait qu’un (Jean 10 :30), il est son Fils unique (1 Jean 4,9), donc la deuxième personne divine (Jean 1 :18). De plus Jésus ajoute qu’il enverra à ses apôtres l’Esprit de Vérité qui procède du Père (Jean 15 :26), et qui possède tout ce qui est à lui (Jean 16 :15). | |
| Lors de son ascension Jésus ordonna aux apôtres de baptiser tous ceux qui croiraient, au nom (singulier) du Père du Fils et du Saint-Esprit (Matth 28 :19). | |||
| Extra : 1ere Lettre de Paul aux Héb-reux. 1-8 (Démo : Jésus, Fils de Dieu, est Dieu aussi) | « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Eclat/Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être/image de sa substance, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite (à l’égal, NDLR) de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux ; et il est devenu bien supérieur aux anges, dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si différent du leur. En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui (jour de l’éternité, NDLR), je t’ai engendré ? Ou bien encore : Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils ? À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. À l’adresse des anges, il dit : Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs des flammes ardentes. Mais à l’adresse du Fils, il dit : Ton trône à toi, Dieu, est pour les siècles des siècles, le sceptre de la droiture est ton sceptre royal ». | ||
| Eglise Chré. en 325 & 381 après J.C. | La foi chrétienne est résumée dans le concile de Nicée-Constantinople. Celui-ci définit pour le bien de tous les fidèles, toutes les vérités fondamentales de la foi. En effet Dieu, l’éternel pasteur et gardien des âmes, qui ne peut les égarer, est vivant, il exerce donc son autorité paternelle et suprême sur ses brebis, autorité qui ne saurait s’éteindre. L’Eglise universelle que Jésus fonda, mandaté par le Père, continue de sa mission. Assistée par l’Esprit promit, elle déclara alors qu’il n’y a qu’un seul Dieu en trois personnes : Père, Fils et Saint-Esprit. | ||
| Amen ! | |||